Notre Histoire

Arrivés dans le Limousin en 2012, plus précisément en Creuse, dans un monde un peu à part comme diraient les anciens, un lieu empli de magie, sauvage de nature, calme de silence…où il ne manque plus que les elfes et des fées. Famille expatriée de Suisse, Milou, né à la campagne, fils d’agriculteur, rénovateur de génie dans le bâtiment et ancien conducteur de locomotive avec une envie folle de se mettre au vert. Nat, la sauvageonne un peu frapadingue qui avait « monté » sa petite boutique de puériculture depuis l’âge de 23 ans et pour qui la crise de la quarantaine a été un peu plus récurrente que chez autrui. Ludo, le passionné d’histoire, d’horticulture et de jardinage qui a suivi ses parents dans le but de les soutenir dans leur projet. Et pour terminer le Romain de service, le bricoleur, qui casse…qui répare…qui invente, qui n’a pas eu son mot à dire à part que de nous suivre émoticône wink

Notre projet…

Notre déménagement est programmé et c’est tout naturellement et avec une certaine émotion que le 30 juin 2012, nos valises sont bouclées, notre chienne et nos chats font, bien sûr partie du convoi , notre mini bus est chargé et est plein à craquer. Notre aventure commence ce fameux samedi à 9h30, l’heure à laquelle l’expédition prend la route vers la France. Le voyage qui est habituellement long (environ 7h ), cette fois-ci se passe curieusement très vite, le temps s’écoule sans même que nous y prenions garde, je pense que nos émotions sont tellement intenses que ça nous empêche de nous situer dans le temps ni même dans l’espace étant donné que nous sommes compressés telles des sardines dans ce véhicule qui est rempli de nos dernières affaires et souvenirs helvétiques , et que nous ne nous en rendons même pas compte. Sitôt arrivés sur place, pas une minute de perdue, nous avons la « NIAK » comme on dit… Nous faisons l’acquisition d’un lot de machines agricoles que nous réparons, révisons et remettons en état dans la semaine même et, démarrons cette fameuse période que tous les agriculteurs connaissent et qu’ils appellent « les foins » .

Le 4 juillet, Milou et Ludo vont suivre leur formation de safranier à Fontanières , petit village de la Creuse où se trouve la plus grande safranière de France, ils en reviennent avec un «petit » lot de bulbes à planter, mille au total, que nous nous empressons de mettre en terre, bien comme il faut, histoire de se faire la main. Les mois qui suivirent, nous reprenons en main le domaine qui aura été laissé à l’abandon une bonne vingtaine d’années, défrichage, construction de chemins d’accès, débarras de cailloux encombrants en gardant un œil vigilant sur notre petit bébé qui est notre safranière. L’automne arriva gentiment en frappant à notre porte, notre impatience était à son comble, notre mini safranière que nous avions chouchoutée durant ces quelques semaines était prête à fleurir, nous étions à l’affût du moindre petit mouvement , les premières tiges vertes firent leur apparition à ce stade, nous savions que les fleurs allaient éclore tout soudainement et, timidement une après l’autre, cette jolie couleur lavande avec cette touche magique que forme le pistil comme un joyau au milieu, égayait cette petite parcelle de terre au centre de notre domaine… Les jours suivant se firent de plus en plus frais, jusqu’à ce que la neige vienne troubler ce petit festival de couleurs chatoyantes, pour carrément y mettre fin. Nous avions notre première récolte entre nos mains, et c’est là que nous avons dû nous accrocher car elle s’élevait en tout et pour tout au demi-gramme, heureux d’avoir enfin le résultat de notre travail, mais absolument déçus car les efforts que nous avions fournis à quatre, se sont cantonnés à un résultat équivalent à 15 euros à la vente.

   

Nous nous sommes tout de même posé la question, à ce moment là, à savoir si c’était réellement prudent de nous lancer dans pareille aventure… Les semaines qui suivirent, attisèrent notre curiosité culinaire, donc précieusement, avec parcimonie et presque amoureusement tel un trésor nous avons commencé à utiliser notre or rouge et là…plus de doute…contaminés par le virus, limite addicts à cette épice qui rend joyeux, et avec certitude, nous avons passé commande durant l’hiver pour obtenir vingt deux mille bulbes pour le printemps suivant. Durant l’hiver et le printemps 2013 , notre tâche principale consistait à l’accueil de la future plantation des bulbes commandés, et pour ce faire, nous avons été obligés, d’abattre quelques chênes (certains ont été réquisitionnés à l’usage de la rénovation de notre ferme-auberge et le reste en bois de chauffage), de déplacer des roches énormes, d’enlever des buissons de ronces, afin de pouvoir passer la charrue en vue de labourer le terrain sur 2200m2 environ.

 

Le 1er mai de cette année 2013 nous avons officiellement crée et enregistré notre entreprise qui se prénommera Le Safran Du Domaine Du Maignaux ... avec une légère appréhension et une boule au ventre, nous étions enfin « entrés » dans le système fiscal et bureaucratique un peu brouillon de ce magnifique pays… Nos vingt deux mille bulbes sont arrivés durant le courant juillet, nous nous sommes tout de suite mis à la tâche, et c’est sous un soleil cuisant et une chaleur étouffante que nous avons mis ces petits bulbes en terre, environ 4 km de creusage de tranchées ont été nécessaire pour la plantation de cette belle safranière d’une surface d’environ 2200 m2, en deux semaines nous avions entièrement terminé cette pénible besogne, tous les quatre complètement fourbus à l’arrivée…mais fiers et impatients d’arriver à l’automne pour admirer à nouveau ce magnifique spectacle qui est la floraison de cette petite fleur de crocus. Cet automne là, le cœur un peu plus léger que l’année précédente nous en avons récolté une cinquantaine de grammes, que nous avons conditionné dans de magnifiques petits bocaux en verre fermés avec un bouchon de liège et scellés à la cire, que nous avons d’ailleurs vendu très rapidement, notre moral était au beau fixe.

    

Dès le début de l’année 2014 nos efforts étaient consacrés à la construction d’un énorme hangar agricole dans le but d’y abriter notre matériel et nos machines, pour ce nous avons dû faire appel à un artificier, tellement le terrain était miné par de la roche, une fois tout cela explosé, nous avons commencé, travail encore plus pénible que le safran, que nous prenions quand même la peine de désherber entre temps…la construction de ce hangar s’est faite sur de longs mois pour se terminer à l’été de cette année là…. Durant l’été nous avons expérimenté nos premières confitures à base de Safran, puis mis en pot du miel creusois auquel nous avons ajouté une quinzaine de pistils par petits bocaux de 250 gr. Nous avons eu un été assez frais ce qui a eu comme effet de réveiller nos petits bulbes en terre, notre floraison était furieusement en avance au programme, et les jours qui ont suivi ont été très chauds avec un soleil radieux, donc floraison pas franchement optimale, étant donné que cette culture se situe à rebours des autres cultures, à savoir que la fleur de Safran pointe le bout de son nez lors de matin frais et humide, mais nous en avons quand même eu une bonne récolte d’environ 140 gr. Au mois de novembre de cette année là, je suis retournée seule en Suisse en vue de prospecter pour d’éventuels acheteurs potentiels, ainsi que pour l’organisations de réunions chez les personnes de façon individuelle et aussi par petits groupes, durant deux semaines, bcp de travail et de rdv, très sympa, accueil chaleureux et intéressé par beaucoup de personnes sur notre travail de safraniers, la culture, notre projet, j’ai eu sincèrement énormément de plaisir à partager notre passion mais aussi l’opportunité de faire de fabuleuses rencontres… De retour de mon séjour de Suisse qui était basé sur la promo de notre or rouge, j’en suis revenue convaincue d’agrandir cette safranière au point de la doubler de volume, donc, nous avons, au printemps 2015 passé la commande pour vingt deux mille bulbes à replanter à l’été 2015. Durant le printemps et jusqu’à l’arrivée de nos bulbes, nous avons, à nouveau consacré notre temps et énergie à la préparation du terrain. Une petite parcelle a été aménagée en continuité des deux autres, et pour la quatrième safranière du groupe, nous l’avons installée sur le fond de notre terrain toute proche du Thaurion, dans un magnifique endroit, un peu magique.

 

Entre temps, les travaux de rénovation de notre grande maison avancent le chauffage obsolète est enfin changé, nous commençons à préparer des plans pour la future cuisine qui abritera certains de nos futurs ateliers et l’endroit où l’on concoctera les produits dérivés à base de Safran. Nos vingt deux milles bulbes arrivent par deux groupes , en premier pour la petite parcelle que nous nous empressons de mettre en terre, et la seconde partie arrive vers la fin juillet…deux semaines auront été nécessaires à nouveau pour le plantage, avec l’aide d’une amie qui est venue quatre jour pour nous aider en échange de services rendus. Et toujours avec la même impatience, croisons les doigts et attendons ce fameux mois d’octobre avec grande frénésie…